« L’enseignement supérieur privé en France : une explosion depuis 2015 ? Une analyse du processus de production des données »

Séminaire Rab’ESR (en ligne), 1er décembre 2025. Cette communication fait suite à une autre communication (« L’enseignement supérieur privé en France. Analyse socio-historique des données disponibles ») donnée le 16 octobre 2024 dans le cadre du Colloque Recherche et Territoires organisé à Poitiers par le Réseau de recherche sur l’enseignement supérieur (RESUP).

En France, l’enseignement supérieur privé a été jusqu’à ces dernières années un secteur très largement invisibilisé, que ce soit dans les discours officiels, dans les médias ou dans les recherches en sciences sociales. Pourtant les statistiques produites par les services statistiques ministériels concernés montraient que l’enseignement supérieur privé représentait déjà 13% des inscriptions étudiantes en 2000, et montrent une très forte augmentation du secteur depuis le milieu des années 2010. En 2024, il atteint plus d’un quart des étudiantes et étudiants : 27% des effectifs, soit presque 800 000 individus sur plus de 3 millions.

Cela étant, débutant fin 2023 un programme de recherche sur l’enseignement supérieur privé, j’ai rapidement été interpellée, en consultant le Repères et références statistiques de 2022, par la note de bas de graphique : « A partir de 2016, la forte augmentation des inscriptions dans l’enseignement privé est en partie due à une amélioration du dispositif de collecte ». Avant toute chose un travail de sociologie de la quantification s’imposait donc, afin de comprendre le processus de production de ces données qui, pourtant, paraissaient simples : le nombre d’étudiants. Ce sont les résultats de ce travail que j’ai présentés lors de ces conférences.

Les matériaux sur lequel il se base sont de trois types. Il s’agit premièrement de quinze entretiens réalisés à partir de mars 2024, d’une part au sein du SIES (Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques, qui est le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation), personnes y travaillant aujourd’hui et personnes y ayant travaillé, et d’autre part au sein de deux services d’un rectorat : le service en charge de l’enseignement supérieur et le service statistique. Les matériaux sont, deuxièmement, les productions du SIES sur la période 2014-2025, il s’agit de productions scientifiques et de ce que l’on peut appeler des productions administratives, en particulier ses programmes de travail annuels. Les matériaux sont, troisièmement, des rapports publics, qui eux aussi fournissent en annexes un certain nombre d’archives administratives.

La question centrale qui guide cette communication est finalement : en quoi a consisté cette amélioration du dispositif de collecte ? Pour analyser l’amélioration du dispositif de recueil encore faut-il connaître le dispositif en lui-même, c’est l’objectif de mon premier point. Mon second point retrace le processus d’amélioration du dispositif, en se focalisant sur les années 2016-2018. Ma conclusion propose des éléments d’analyse quant à l’augmentation effective du secteur privé, et quant à la volonté du ministère d’améliorer la connaissance statistique de ce secteur. Ci-après, le powerpoint projeté lors de la conférence. Ce travail va être présenté au Colloque des 80 ans de l’INSEE en avril 2026, et j’ai pour objectif de le publiciser, si possible rapidement, sous forme d’article.