Mise en avant

Les transformations de l’université française de la LRU au COMP100%

La CGT FERC Sup d’Aix-Marseille Université (AMU) m’a invitée le 2 (Marseille St Charles) et le 3 (Aix Faculté des Lettres) février 2026 à donner une conférence sur « Les transformations de l’université française de la LRU au COMP100% » dans le cadre de l’heure d’information syndicale.

La vidéo de la conférence est disponible sur la chaîne Youtube de la CGT FERC Sup : https://www.youtube.com/watch?v=tm0X3bNtBLA . Elle est suivie de l’intervention d’Hendrik Davi, Député de la 5ème circonscription des Bouches du Rhône, groupe Ecologiste et Social, qui a été rapporteur du budget de l’enseignement supérieur et la recherche.

Le fichier audio, les fichiers texte RTF et PDF peuvent être téléchargés ci-dessous.

Voici le résumé de la conférence :

Les universités françaises connaissent des processus de profondes transformations depuis une vingtaine d’années : loi d’autonomie des universités (LRU en 2007), fusions (depuis 2010), financements par appels à projets (en particulier PIA 1 en 2010, puis PIA 2, 3 et 4), financement à la performance (SYMPA en 2009 ; Contrat d’objectifs, de moyens et de performance ou COMP en 2023 ; COMP100% en 2026), Parcoursup (2018), établissements publics expérimentaux (ou EPE, depuis 2018), Loi de programmation de la recherche (LPR en 2020). On le voit, les sigles ne manquent pas. En repartant des grandes caractéristiques de l’université française mise en place en 1968 (loi Faure) et 1984 (loi Savary), Corine Eyraud retrace les grandes transformations portées par ces différentes réformes, et montre que nous sommes à un tournant historique, si tant est que nous n’ayons pas déjà basculé dans un tout autre modèle.

Mise en avant

Enquête sur le devenir des étudiantes et étudiants diplômé.e.s de licence de sociologie à Aix-Marseille Université

Une enquête par questionnaire a été réalisée début 2023 auprès des 741 personnes ayant obtenu une licence de sociologie à Aix-Marseille Université entre juin 2009 et juin 2022. Elle porte sur leur parcours universitaire et sur leur parcours professionnel.
Très peu de travaux existent sur le devenir des étudiant.e.s diplômé.e.s de sociologie. Ceux qui existent portent sur les étudiant.e.s diplômé.e.s de master, or la licence de sociologie est une licence généraliste et toute personne qui enseigne ou étudie en premier cycle de sociologie sait par expérience que les étudiant.e.s poursuivent leurs études dans des domaines très variés et s’engagent donc dans des parcours professionnels très différents. Mais ce savoir de l’expérience n’était confirmé ni précisé, à notre connaissance, par aucune enquête. Nous espérons que les premiers résultats de cette enquête apportent des éléments intéressants et utiles.

« L’enseignement supérieur privé en France : une explosion depuis 2015 ? Une analyse du processus de production des données »

Séminaire Rab’ESR (en ligne), 1er décembre 2025. Cette communication fait suite à une autre communication (« L’enseignement supérieur privé en France. Analyse socio-historique des données disponibles ») donnée le 16 octobre 2024 dans le cadre du Colloque Recherche et Territoires organisé à Poitiers par le Réseau de recherche sur l’enseignement supérieur (RESUP).

En France, l’enseignement supérieur privé a été jusqu’à ces dernières années un secteur très largement invisibilisé, que ce soit dans les discours officiels, dans les médias ou dans les recherches en sciences sociales. Pourtant les statistiques produites par les services statistiques ministériels concernés montraient que l’enseignement supérieur privé représentait déjà 13% des inscriptions étudiantes en 2000, et montrent une très forte augmentation du secteur depuis le milieu des années 2010. En 2024, il atteint plus d’un quart des étudiantes et étudiants : 27% des effectifs, soit presque 800 000 individus sur plus de 3 millions.

Cela étant, débutant fin 2023 un programme de recherche sur l’enseignement supérieur privé, j’ai rapidement été interpellée, en consultant le Repères et références statistiques de 2022, par la note de bas de graphique : « A partir de 2016, la forte augmentation des inscriptions dans l’enseignement privé est en partie due à une amélioration du dispositif de collecte ». Avant toute chose un travail de sociologie de la quantification s’imposait donc, afin de comprendre le processus de production de ces données qui, pourtant, paraissaient simples : le nombre d’étudiants. Ce sont les résultats de ce travail que j’ai présentés lors de ces conférences.

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Enseignement supérieur privé. Quelques éléments

La CGT FERCSup, CGT des établissements d’Enseignement supérieur et de Recherche, publiait en février 2025 un numéro spécial de sa revue « L’Echo du Sup » (n°7) sur l’enseignement supérieur privé. On peut le trouver ici : https://cgt.fercsup.net/l-echo-du-sup/echo-du-sup-no-7-dossier-l-enseignement-superieur-prive/

J’y étais interviewée : https://cgt.fercsup.net/l-echo-du-sup/echo-du-sup-no-7-dossier-l-enseignement-superieur-prive/article/point-de-vue-d-une-camarade-sociologue-sur-l-enseignement-superieur-prive

L’introduction de ce dossier, mon entretien et la liste des articles se trouvent dans le document ci-dessous.

« Le nouveau modèle “d’universités d’excellence” rompt avec la visée émancipatrice »

La Revue POUR, Revue de la Fédération syndicale unitaire (FSU), publiait dans son numéro 260 de novembre 2024 un dossier intitulé « Université : ça va mal ». J’y étais interviewée, interview résumé page 23 sous le titre : « Le nouveau modèle “d’universités d’excellence” rompt avec la visée émancipatrice », que vous trouverez ci-dessous.

Les EPE quésaco ?

Près de 20 universités ont adopté le nouveau statut d’Etablissement public expérimental (EPE) créé par une ordonnance le 12 décembre 2018. Celui-ci permet de déroger au Code de l’éducation qui encadre le statut d’université (EPSCP), et en particulier il revient sur des acquis en matière de fonctionnement démocratique et de collégialité. Plus précisément, il permet la fusion d’établissements publics et privés, le ou la président.e de l’établissement peut ne pas être élu.e et ne pas être enseignant.e-chercheur.e, le nombre d’élu.e.s au conseil d’administration baisse drastiquement (minimum de 40% au lieu des 80% au sein d’une université), les structures internes ne sont plus des UFR et plus nécessairement dirigées par des instances élues, leurs directeurs ou directrices peuvent être nommé.e.s par le ou la président.e de l’établissement y compris au sein de personnalités extérieures (représentant.e de collectivités territoriales, d’une chambre de commerce, d’une entreprise…). On le voit, les transformations sont radicales. D’où la nécessité de mieux connaître ce statut. C’est l’objet de deux articles que vous trouvez sur ce blog.

Mais si vous préférez écouter une conférence, j’ai été invitée le 14 décembre 2023 par les syndicats CGT et SUD des universités de Lyon 1 et Lyon 2. En effet, Lyon 1 et Lyon 2 étaient dans une dynamique de fusion et de transformation en EPE, et les personnels souhaitaient y voir plus clair quant à leurs implications. Le projet semble finalement avoir en partie capoté début janvier, en tous cas en ce qui concerne l’implication de Lyon 2. Cette conférence peut être écoutée et podcastée sur le site de la CGT de Lyon 1 :

https://cgt.fercsup.net/syndicats/auvergne-rhone-alpes/universite-lyon-1-o-claude-bernard/epe-x-pia4/article/retour-la-conference-debat-du-jeudi-14-decembre

« Effets internes du financement par appels à projets dans les universités : vampirisation et re-féodalisation des rapports sociaux ? »

Colloque Fin d’un monde, nouveau monde ? Penser les changements des systèmes d’enseignement supérieur et de recherche, organisé par le Réseau de recherche sur l’enseignement supérieur (RESUP), Grenoble, 18-20 octobre 2023. https://resup2023.sciencesconf.org/

Le mode de financement par appels à projets s’est progressivement imposé en matière de financement de l’enseignement supérieur et la recherche à partir du début des années 2000. Il a revêtu les formes successives du Plan Campus en 2007-2008 puis des Programmes d’investissement d’avenir (les PIA) et de leurs « politiques d’excellence ». Le PIA 1 a été lancé en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le PIA 2 puis le PIA 3 en 2015 et 2017 sous la présidence de François Hollande et le PIA 4 (inclus dans « France 2030 ») en 2021 sous la présidence d’Emmanuel Macron. J’avance dans cette communication deux hypothèses. En matière d’allocation interne des moyens au sein des universités, c’est le concept de « vampirisation » développé par Michel Bisa Kibul qui serait le plus à même de rendre compte des effets de ce mode de financement. Tandis qu’en matière de transformations des relations entre acteurs, c’est celui de « re-féodalisation des rapports sociaux », processus mis en lumière en particulier par les travaux de Pierre Legendre et d’Alain Supiot, qui semble pertinent. Cette réflexion s’appuie en particulier sur ma participation observante de 18 mois en tant que chargée de missions Moyens au sein de ma faculté.

« Statistiques publiques et citoyens »

Dynamiques régionales, 2023, n°15, p. 57-72.

Dans le cadre de l’Eurobaromètre 2015, un européen sur deux déclare ne pas avoir confiance dans les statistiques officielles de son pays. Cet article souhaite réfléchir à l’importance qu’il y a à construire ce lien entre citoyens et statistiques publiques. Les travaux en matière de sociologie de la quantification prônant une approche constructiviste des statistiques peuvent nous y aider. Nous expliquons en quoi consiste cette approche constructiviste à partir d’exemples issus de la Stratégie Europe 2020 (taux d’emploi et pauvreté). Ces deux exemples montrent premièrement à quel point les statistiques reposent sur une conception du phénomène qu’elles quantifient, autrement dit sur des valeurs, et ont ainsi une dimension politique forte, et deuxièmement combien elles ont besoin d’une connaissance de l’expérience sociale quantifiée pour être pertinentes. Les statistiques peuvent finalement  avoir des effets sociaux, économiques et politiques puissants. Elles orientent l’action, en particulier politique, puisqu’elles permettent de poser un diagnostic sur la situation. Ce sont les trois grandes raisons pour lesquelles une participation large des citoyens et de leurs représentants à la construction et à la diffusion des statistiques publiques est si importante.

Accessible en ligne : https://www.iweps.be/publication/la-wallonie-tire-son-plan-regards-croises-sur-la-gouvernance-par-les-plans-et-les-chiffres/

“Structural Transformations in French Universities: From LRU to EPE”

Workshop “Universities in times of crisis”, 18 January 2023, Sciences Po Aix, Mesopolhis

https://mesopolhis.fr/blog/events/universities-in-times-of-crisis/

Over the past decades, the higher education sector in the European Union and its neighbourhood has faced several crises and tensions. Managerial schemes have been implemented in response to austerity policies and financial struggles. Combined with the privatization of the sector that has been underway since the 1990s, these reforms could endanger the sector’s sustainability. This workshop brings together international scholars from Denmark and France who have been investigating these transformations of higher education in Europe. I gave a lecture on “Structural transformations in French Universities: From LRU to EPE”. Full text is available:

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