« L’enseignement supérieur privé en France : une explosion depuis 2015 ? Une analyse du processus de production des données »

En France, l’enseignement supérieur privé a été jusqu’à ces dernières années un secteur très largement invisibilisé, que ce soit dans les discours officiels, dans les médias ou dans les recherches en sciences sociales. Pourtant les statistiques produites par les services statistiques ministériels concernés montraient que l’enseignement supérieur privé représentait déjà 13% des inscriptions étudiantes en 2000, et montrent une très forte augmentation du secteur depuis le milieu des années 2010. En 2024, il atteint plus d’un quart des étudiantes et étudiants : 27% des effectifs, soit presque 800 000 individus sur plus de 3 millions.

Cela étant, débutant fin 2023 un programme de recherche sur l’enseignement supérieur privé, j’ai rapidement été interpellée, en consultant le Repères et références statistiques de 2022, par la note de bas de graphique : « A partir de 2016, la forte augmentation des inscriptions dans l’enseignement privé est en partie due à une amélioration du dispositif de collecte ». Avant toute chose un travail de sociologie de la quantification s’imposait donc, afin de comprendre le processus de production de ces données qui, pourtant, paraissaient simples : le nombre d’étudiants. Ce sont les résultats de ce travail que j’ai présentés lors de trois conférences.

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« Statistiques publiques et citoyens »

Dynamiques régionales, 2023, n°15, p. 57-72.

Dans le cadre de l’Eurobaromètre 2015, un européen sur deux déclare ne pas avoir confiance dans les statistiques officielles de son pays. Cet article souhaite réfléchir à l’importance qu’il y a à construire ce lien entre citoyens et statistiques publiques. Les travaux en matière de sociologie de la quantification prônant une approche constructiviste des statistiques peuvent nous y aider. Nous expliquons en quoi consiste cette approche constructiviste à partir d’exemples issus de la Stratégie Europe 2020 (taux d’emploi et pauvreté). Ces deux exemples montrent premièrement à quel point les statistiques reposent sur une conception du phénomène qu’elles quantifient, autrement dit sur des valeurs, et ont ainsi une dimension politique forte, et deuxièmement combien elles ont besoin d’une connaissance de l’expérience sociale quantifiée pour être pertinentes. Les statistiques peuvent finalement  avoir des effets sociaux, économiques et politiques puissants. Elles orientent l’action, en particulier politique, puisqu’elles permettent de poser un diagnostic sur la situation. Ce sont les trois grandes raisons pour lesquelles une participation large des citoyens et de leurs représentants à la construction et à la diffusion des statistiques publiques est si importante.

Accessible en ligne : https://www.iweps.be/publication/la-wallonie-tire-son-plan-regards-croises-sur-la-gouvernance-par-les-plans-et-les-chiffres/

« Stakeholders involvement in the statistical value chain: Bridging the gap between citizens and official statistics »

In Eurostat Outlook Report, Power from Statistics: Data, Information and Knowledge ; Statistics in the Digital Era, 2017.

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« Réflexions pour une sociologie de la quantification statistique et comptable »

Entreprises et Histoire, 2015/2, n°79, p. 74-87.

L’objectif de cet article est double. Il s’agira premièrement de montrer en quoi les dispositifs de quantification, qu’ils soient statistiques ou comptables, sont des objets pertinents pour les sciences sociales, et en particulier pour la sociologie. Il s’agira deuxièmement de montrer que l’entrée par ces dispositifs est une voie intéressante et productive pour le chercheur qui souhaite analyser le fonctionnement et les transformations d’un champ ou d’une organisation particuliers. Nous nous appuierons pour ce faire sur deux recherches, la première porte sur un dispositif de quantification comptable : la réforme comptable des entreprises d’État chinoises des années 1990 ; la seconde étudie un dispositif de quantification statistique : la mise en place au début des années 2000 d’indicateurs de performance pour l’enseignement supérieur et la recherche français. Nous tenterons en conclusion de proposer un cadre à la fois analytique et méthodologique pour l’étude de tels dispositifs.

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